La Société du Musée de Montreux

Le 31 mars 1988, un très important projet de rénovation est mis en oeuvre. Il comporte d'emblée trois aspects: la restauration des bâtiments, classés à cette occasion "monuments historiques"; la rénovation des collections pour laquelle un concept muséographique est concu; enfin, l'image du Musée qui va devenir la mémoire vivante de la Riviera suisse. Un pari un peu fou, que la Société a gagné grâce à l'aide des communes de Montreux, Veytaux et Villeneuve, de l'Etat de Vaud, de la population et des entreprises mécènes.

Inauguration le 1er août 1991, jour du 700ème anniversaire de la Confédération suisse.

En assemblée générale du 20 mai 2003, la Société a décidé de changer la dénomination de "Musée du Vieux-Montreux" par Musée de Montreux.

Le Musée du Vieux-Montreux

Historique

Les bâtiments acquis par la Société du Musée entre 1914 et 1920 se situent au Châtelard dans l'ancien village de Sâles (Rue de la Gare 40 et 42). Celui de tête, abritant le Musée depuis 1920, se distingue par sa tour imposante, sous laquelle existe un passage, en tout cas dit public en 1838. La présence de cette tour est vraisemblablement à l'origine de la tradition locale, sans fondement documentaire, évoquant cette maison comme un ancien couvent ou aussi une maison forte, le "couvent de Sâles".

Les bâtiments actuels se composent de deux maisons vigneronnes contiguës construites vers 1615 et 1618, d'après l'inscription de ces dates au-dessus de l'ancienne porte d'entrée méridionale, sur la rue du Marché, et sur l'encadrement de la porte de cave du n° 40 sur cette même rue. Henri Ravussin attribue les lettres et les marques qui accompagnent ces dates à deux membres de la famille Dufour, les frères Adame et D. (David ?).

En 1770, la maison orientale appartient encore à la famille Dufour, tandis que celle de tête est passée aux mains de la famille Vuichoud. Cette dernière acquiert également, entre 1770 et 1807, le bâtiment contigu, dont elle restera propriétaire tout au long du XIXe siècle. La maison de tête, dès 1841, est subdivisée entre les familles Vuichoud et Dubochet.

L'ancienne grange, édifiée au nord de la maison de tête, est de peu antérieure à 1770, d'après les plans de cette époque sur lesquelles elle apparaît déjà et le procès -verbal de 1838, qui estime son âge à "plus de 60 ans". La tourelle adossée à l'ouest de cette grange servait de latrines privées. Dans la cour occidentale se trouve le bâtiment où sont entreposées les archives du Musée, une ancienne grange également, dont l'âge est évalué à plus de 200 ans en 1838.

Ces mêmes procès-verbaux indiquent de plus la construction, vers la fin du XVIIIe siècle, d'une remise servant aussi de chambre à lessive, en maçonnerie avec pignon en bois, accolée à l'ouest du bâtiment de tête.

Exhaussée vers 1849, elle subit un autre agrandissement, en même temps, ou en tout cas avant 1890, citée alors comme maison d'habitation, elle occupe en largeur près de la moitié de la façade-pignon et s'élève jusqu'à la la base des fenêtres de son second étage. Les vues anciennes montrent aussi une construction en bois plus basse, également adossée à la façade-pignon, probablement une remise. Ces deux annexes ont été démolies.

Description

Coiffées d'un toit à deux pans, ces deux maisons vigneronnes comptent deux étages de logement sur un rez-de-chaussée formant soubassement, qui abritait au moins une cave voûtée avec pressoir et des caveaux aussi voûtés, selon la description de 1838. Les façades donnant sur la rue du Marché, protégées par l'avant-toit, ont un rez-de-chaussée peu ouvert, asymétrique, et deux étages de fenêtres rectangulaires régulièrement disposées. Au n° 40, le rez-de-chaussée est uniquement percé de la porte de la cave, alors que celle d'accès au logement, à imposte en pierre, ouvre sur la tour au nord.

Le n° 42 montre par contre à la fois la porte d'entrée d'origine et l'ouverture sur la cave de ce côté. Une seconde entrée plus tardive a cependant été créée au nord, à laquelle conduit égalemnt l'escalier menant au n° 40, à gauche. Cette nouvelle porte offre un encadrement rectangulaire décoré d'une baguette et une imposte en forme de cartouche Louis XIV, surmontée d'une corniche moulurée. On l'a peut-être établie entre 1770 et 1807, au moment où les Vuichoud acquièrent aussi la maison orientale et deviennent donc propriétaires des deux bâtiments. Mais ce type de porte se rencontre sur une fourchette chronologique plus large.